Pour introduire “le débordement du diégétique sur la réalité” (que je formule dans la rédaction d’un mémoire intitulé “Les conditions d’existence de l’image dans la confrontation des espaces, réel et diégétique“), je vais prendre comme exemple un objet d’étude contemporain connu de tous : les médias, et en particulier la télévision.
Emprunter l’approche sociologique me semble essentiel pour aborder la question de l’individu au regard de la société, en ce sens qu’elle offre les outils et les moyens de comprendre et d’expliquer l’impact du social sur les représentations (façons de penser) et comportements (façons d’agir) humains. Elle est une manière d’établir un corrélat entre la perception et l’action des individus dans et sur un système social. Il est à ce titre intéressant de revenir sur l’étymologie du terme “individu” :
- Du latin individuum, « ce qui est indivisible ».
- Entité autonome qui ne peut être ni partagée ni divisée sans perdre les caractéristiques qui lui sont propres.
- En biologie, chaque spécimen vivant (ou ayant vécu) d’une espèce animale, végétale ou fongique, issu d’une seule cellule (cf. problème des vrais jumeaux). La plus petite coupure du règne vivant (rang taxinomique tels que genre, espèce, variété…), la seule correspondant à une existence concrète.
- Personne (être humain) considérée en tant qu’unité d’une population et par opposition à la collectivité.
Cette étymologie n’est pas sans faire appel à la polémique formulée par le dualisme cartésien : « j’ai une claire et distincte idée de moi-même, en tant que je suis seulement une chose qui pense et non étendue, et [...] j’ai une idée distincte du corps, en tant qu’il est seulement une chose étendue et qui ne pense point. ». Dans le percevoir et l’agir, le corps a besoin de l’esprit, autant que l’esprit a besoin du corps – ce sur quoi nous reviendrons dans une approche sensori-motrice de la perception. Penser l’esprit sans le corps, reviendrait à penser la société sans individu : « ce qui est indivisible ».
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Il faut ici considérer le paradigme holistique de Durkheim (du grec holos : qui forme un tout) qui définit la société comme un holon, un tout qui est supérieur à la somme de ses parties, elle préexiste à l’individu et les individus sont agis par elle – sur ce point nous reviendrons sur ce qui a determiné l’émergence du système social d’après une approche de la Théorie des systèmes sociaux dirigée par Nikklas Luhmann. Le paradigme holistique détermine ainsi que la société englobe les individus dans une conscience collective.
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Cette conscience collective propre à une société s’établit selon différents systèmes qui partagent une même réalité phénoménologique et transindividuationnelle. C’est pour cette raison que par la constituante même des consciences individuelles, elle est nécessairement réticulaire pour être globale. Ainsi l’infiltration de technologies réticulaires comme l’est par exemple la télévision opère indéfectiblement sur “les représentations (façons de penser) et comportements (façons d’agir) humains“.
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Il donc important de comprendre comment sont perturbés ce que Bernard Stiegler appelle “les circuits de la transindividuation” par le débordement de la diégése télévisuelle et d’en dégager les effets produits sur le système individuel et social. Ce qui m’amène ici a proposer une approche sous la forme de notes prisent du livre “Sur la télévision” écrit par le sociologue Pierre Bourdieu, et de la conférence “Société et télévision au XXIème siècle” menée par le philosophe et président d’Art Industrialis, Bernard Stiegler.
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“Sur la télévision” de Pierre Bourdieu,
“La télévision est un formidable instrument de maintient de l’ordre symbolique.” ce qui a pour conséquence que les gens se conforment par une forme consciente ou inconsciente à des représentations artefactuelles. Il est important de préciser que ce “maintient de l’ordre symbolique“
Ce qui induit deux observations :
1— Maintient de l’ordre symbolique : stabilisation et mutation
2— Altération de la nature représentationnelle de l’interindividuation Elle façonne autant qu’elle est façonnée par la nature et la fonction sociale des représentations et des pratiques individuelles et collectives.
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SUITE DE LA RÉDACTION EN COURS
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